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vendredi 13 décembre 2013

Zoologique / Joëlle Jolivet

Voilà une question que j'ai entendu plusieurs fois en peu de temps : quelle est la différence entre l'homme et l'animal ?
En bonne petite souris que je suis, cela a trotté dans ma petite tête. Souris des villes, souris des champs : moi je suis des deux. 
Mais je me suis demandé : si un animal se retrouve perdu dans le monde urbain, hors de son milieu naturel, quelle est sa chance de survie ? Et si un homme (ou une femme ou un enfant) se retrouve perdu dans le milieu naturel (vaste et divers), sans rien, sans PORTABLE, comment s'en sortira-t-il ?
Quel match !
En tant que souris, je gage que l'animal mettra en place des stratégies plus subtiles de survie. Mais je suis de partie pris. Quoique, cela dépend de l'humain. Certains sont malins, endurants et coriaces. 

Et pourquoi y-a-t-il tant d'animaux dans les livres pour enfants ?
L'enfant ne serait-il pas plus proche de l'animal que l'adulte ?
Ouf, ça fume dans mon cerveau de 4 g.

Monsieur Cyrulnik, dit dans "La plus belle histoire des animaux ": 
" Les relations entre l'enfant et l'animal sont généralement plus faciles car elles ne sont ambivalentes ni pour l'un ni pour l'autre. L'enfant ne manifeste pas de signaux contradictoires, contrairement aux adultes. Entre un adulte, qui, debout, les mains en avant, le regard fixe, se dirige vers un animal et un enfant qui s'accroupit, tend doucement la main, la paume en l'air, incline ou rentre la tête dans les épaules et module doucement des sons, l'animal se dirigera immédiatement vers l'enfant, reconnaissants chez lui des signaux apaisants. Beaucoup d'enfants ont peur des relations humaines où la haine et l'amour se côtoient en permanence pour le meilleur et pour le pire, où il faut apprendre à devenir une personne avec tous les conflits et négociations que cela implique. Alors qu'avec les animaux, si on se hait, on se menace, on se sépare ; lorsqu'on s'aime, on s'embrasse"
 
Dans le livre pour les petits, l'animal est le héros. L'enfant accroche, vit l'histoire à travers l'animal. La représentation d'un adulte ne le ferait pas vibrer d'émotions ! Ce monde animal est tellement riche : à tâches, à rayures, petit, gigantesque, sous terre, dans les arbres, à plumes, à poils, à cornes. C'est zoo-logique !

Cette diversité est présente dans un gigantesque album, bestiaire de 400 animaux, Zoologique de Joëlle Jolivet. Les enfants sont fiers de quitter la médiathèque avec cette encyclopédie plus grande qu'eux sous le bras ! Il est contemporain et intemporel, car les illustrations sont des gravures inspirées des anciennes gravures sur bois. C'est un de mes livres préférés, car je m'y promène avec délice et frayeur (ouf la baleine est énorme) au milieu de mes compatriotes. 

L'homme est un animal. Mais il a la mémoire courte. Il l'a tout simplement oublié. Et il a tendance à vouloir régner seul sur terre. La preuve : les méchants pièges à souris que je rencontre parfois. 



mardi 31 mai 2011

Rien

 
Les arbres ont bien du courage car ils poussent n'importe où (pensée à trous)


Rien


 de Jane Teller



 Ed. du Panama




Au hasard de mes recherches sur les prochains livres que j'amènerais à grignoter à nos jeunes lecteurs, je suis tombée sur la couverture de ce livre que j'ai lu il y a quelques années. Le titre intrigue "Rien". L'illustration de la couverture est de Lorenzo Mattoti et invite déjà par elle-même à une certaine forme de réflexion (sans trous de gruyère). Et la sensation que m'avait faite la lecture de ce livre m'est revenu (une petite madeleine ?) : c'est dire qu'il m'en reste une sensation forte et que donc pour moi c'était un bon livre. Je vous en livre le résumé :

 Tout est tranquille à Taering, petit faubourg au Danemark, et au collège où vont Agnès, la narratrice de cette histoire, et ses amis. Mais l'un d'entre eux, Pierre Anthon, annonce un jour que la vie n'a aucun sens, puis il quitte l'école. Etudier pour trouver un travail, pour prendre des congés ? A quoi bon? Ses camarades de 4° l'écoutent, agacés puis courroucés. Il faut absolument prouver à cet empêcheur de tourner en rond que la vie n'est pas que vacuité. Pour cela, ils alimentent à tour de rôle, dans une rare détermination et avec beaucoup de sacrifices, le mont de signification.
Le pieux Kaj, Grand Hans, Dame Werner, Petite Ingrid? - comme si accoler des adjectifs à leur nom pouvait donner une consistance à l'être... autant de personnages qui s'escriment à prouver le sens de la vie? Cette tentative désespérée les mène tout droit au drame mais le drame lui-même fait-il sens ?
 
 Un livre qui a un côté "Baron perché" de Calvino, mais à la sauce scandinave c'est-à-dire par moment violent, dérangeant. D'ailleurs, il se trouve en section adultes, avec sa pastille violette "ado".